L’an dernier, les forces de sécurité du Myanmar ont lancé une campagne de nettoyage ethnique ciblée contre les Rohingyas dans le nord de l’État d’Arakan, se livrant à des actes constitutifs de crimes contre l’humanité, tels que des homicides illégaux, des viols et des incendies de villages. Ces atrocités, perpétrées en réaction illégale et disproportionnée à des attaques contre des postes de sécurité par un groupe armé rohingya en août, ont entraîné la plus grave crise des réfugiés qu’ait connue l’Asie du Sud-Est depuis plusieurs dizaines d’années. Les sévères restrictions imposées par le Myanmar aux organisations humanitaires travaillant dans l’État d’Arakan ont encore aggravé les souffrances. Plus de 655 000 Rohingyas ont fui au Bangladesh. À la fin de l’année, près d’un million de réfugiés rohingyas, parmi lesquels des personnes ayant fui des vagues de violence précédentes, se trouvaient dans le district de Cox’s Bazar, au Bangladesh. Les Rohingyas restés au Myanmar vivaient toujours sous un régime constituant une forme d’apartheid, dans lequel leurs droits, notamment à l’égalité devant à la loi et à la libre circulation, ainsi que leur accès aux soins de santé, à l’éducation et au travail, étaient très restreints. Les forces de sécurité du Myanmar étaient les principales responsables des violences contre les Rohingyas. Cependant, le gouvernement civil dirigé par Aung San Suu Kyi ne les a pas condamnées et n’est pas intervenu. Au lieu de cela, il a dénigré les travailleurs humanitaires, les accusant d’aider des « terroristes », tout en niant les exactions. Malgré les multiples éléments de preuve des atrocités commises au Myanmar, la communauté internationale, y compris le Conseil de sécurité de l’ONU, n’a pas pris de mesures concrètes ni fait clairement savoir que les crimes contre l’humanité commis par l’armée ne resteraient pas impunis.